Histoire
de la monnaie du Costa Rica
de 1502 à 2000
D’après
une libre traduction du site du
Musée
de l’Or de San José, section numismatique
Quand les Espagnols arrivèrent en Amérique, le territoire qui correspond au Costa Rica actuel était occupé par des groupes indigènes organisés en communautés dirigées par un chef. Les transactions des biens entre ces groupes étaient basées sur le principe du troc ou de l’échange. L’organisation politique et territoriale, de même que la diversification des produits et l’exploitation des divers écosystèmes, eurent comme conséquence l’échange de produits alimentaires (sel, cacao, maïs, bananes, manioc, haricots, etc.), d’outils spécialisés et d’autres objets fabriqués par les différentes communautés, tels la céramique, le coton, les tissus et les objets en or.
L’arrivée
des Européens en Amérique Centrale introduisit un changement dans
le mode de vie des sociétés autochtones. Les groupes indigènes
furent délogés de leurs terres, leurs habitations et leurs coutumes
furent transformées en accord avec les intérêts des Espagnols,
tant au niveau territorial que politique, social, économique et culturel.
Cette nouvelle organisation est à l’origine de l’utilisation
de la monnaie métallique ainsi que de l’établissement d’un
système monétaire d’origine espagnol.
A
l’époque coloniale, la population de la province du Costa Rica
était une société essentiellement agricole. La plupart
des habitants vivaient dispersés dans la campagne et chaque famille était
obligée de produire ce qui était nécessaire à sa
propre subsistance. C’est à cette époque que se sont développés
la production de cacao, l’élevage et la culture du tabac à
des fins commerciales.
Le
système monétaire espagnol utilisé en Amérique durant
la période coloniale était assez complexe. Les monnaies étaient
fabriquées, principalement en or et en argent. Malgré l’existence
des « casas de moneda » celles-ci n’étaient pas suffisantes
pour pouvoir frapper tout le métal dont on avait besoin pour les transactions,
c’est pourquoi furent également utilisés des morceaux de
métal irrégulièrement coupés, pourvus d’emblèmes
et de sceaux officiels. Ces pièces, appelées «macuquinas
» (sans bordure) ou «macacos » (vilaines), en circulation
entre 1600 et 1750 environ, n’ont fait qu’augmenter la confusion
dans le système monétaire colonial.
Les représentations ou les gravures qui apparaissaient sur les pièces coloniales varièrent tout au long de la période, leur conception dépendant, en grande partie, du souverain en place et de la situation politique espagnole. Ainsi pouvait-on trouver sur ces pièces tantôt les effigies des différents rois, tantôt des croix, des colonnes…

Durant les premières années de l’époque coloniale, des pièces de monnaie frappées des poinçons d’Espagne (Ségovie et Séville) furent utilisées. Au XVI siècle, on décida de frapper monnaie en Amérique, idée qui fut favorisée par la découverte de mines d’or et d’argent au Mexique et au Pérou entre 1545 et 1546. C’est ainsi qu’apparurent au cours de ce siècle les premières « casas de moneda » de Mexico, Lima, Bogota et Potosi, puis plus tard, en 1733, celle de Guatemala, notamment.
Durant l’époque coloniale au Costa Rica, le commerce eut peu d’importance et la production destinée à l’exportation occupa une place secondaire. Néanmoins, la province prit part au commerce colonial à la fin du XVIe siècle et au début du XVIIe siècle, en exportant au Panama des produits comme des biscuits, de la graisse, du cuir, du maïs, du blé, de l’ail, de la coriandre, des volailles et des porcs, notamment… Plus tard, grâce à la culture du cacao et du tabac et au développement de l’élevage, l’argent put faire son entrée dans la province. A ceci contribua aussi le versement d’une rémunération aux fonctionnaires de la couronne espagnole.
Une fois l’indépendance proclamée, l’une des premières préoccupations des Etats naissants d’Amérique centrale fut d’organiser leur système monétaire. Pour sa part, le Costa Rica continua d’utiliser le système du real, des écus et des onces hérité de la Colonie. Cependant, la monnaie restait rare malgré le développement de certaines activités, comme l’industrie minière dans les monts del Aguacate et les tentatives pour émettre leur propre monnaie échouèrent. C’est la raison pour laquelle la monnaie d’origine coloniale est restée en circulation parallèlement à celle d’autres Etats d’Amérique qui venait d’obtenir leur indépendance.

En 1824, le Costa Rica intégra la République Centre Américaine, organisée en système fédéral. Les pays membres de cette fédération étaient le Guatemala, le Honduras, El Salvador, le Nicaragua et le Costa Rica. La première loi relative à la monnaie de la Fédération Centre-américaine, détermina les gravures et inscriptions qui devaient figurer sur les pièces costariciennes. Celles-ci, d’or et d’argent, furent frappées entre 1825 et 1837. L’une des faces représentait le blason de la fédération, l’autre une « Ceiba » (ou fromager), symbole de liberté. Parallèlement à ces pièces continuaient de circuler celles d’origine coloniale ainsi que celles d’autres Etats d’Amérique, étant donné la rareté de la masse monétaire que ne put résoudre « la casa de la moneda » du Costa Rica.
En
1838, Braulio Carrillo, sépara le Costa Rica de la Fédération
Centre-américaine et stimula davantage la culture du café. Dès
le milieu du XIXe siècle, cette culture était devenue le principal
produit d’exportation vers les marchés européens. Carrillo
établit une série de mesures sur les nouveaux symboles et légendes
que les monnaies devaient adopter. Les monnaies émises sous le gouvernement
de Carrillo présentaient d’un côté une étoile
à 6 branches, symbole d’un Etat libre et souverain qui n’avait
plus aucune relation avec la République Fédérale, de l’autre
côté, un caféier, produit dont l’importance se faisait
croissante dans l’économie du pays. Sur les pièces en argent
était gravé sur une face le même blason en étoile,
sur l’autre un pied de tabac l’un des principaux produits d’exportation
de la fin du XVIIIe au début du XIXe siècle.
En
1842, Francisco Morazán renversa le gouvernement de Braulio Carrillo,
avec comme objectif la réintégration du Costa Rica dans la Fédération
Centre-américaine. Dès lors, on réutilisa le style et les
monnaies de la période fédérale. Bien que le régime
de Francisco Morazán fût renversé la même année,
les gouvernements qui lui succédèrent jusqu’en 1848, conservèrent
le style et les monnaies de la Fédération, dans l’espoir
que celle-ci fût à nouveau constituée. Cependant, bien que
circulaient des pièces de cette période et que de nouvelles pièces
dotées des mêmes gravures furent émises, la masse monétaire
en circulation restait insuffisante. C’est pourquoi, en 1845 et 1846,
ont été mis en circulation des monnaies d’autres états
de la Fédération.
Le
31 Août 1848, durant la présidence du docteur José Maria
Castro Madriz, le Costa Rica a été proclamé pays souverain
et indépendant : de ce fait il ne pourrait plus réintégrer
la République Fédéral d’Amérique Centrale.
Concernant les nouveaux symboles propres au Costa Rica, Castro Madriz décréta
la création d’un drapeau et d’un écusson, qui fut
gravé sur les monnaies de la République à partir de 1850.
Cependant, des monnaies en or et argent de la fédération étaient
toujours frappées et mises en circulation entre 1849 et 1850 en attendant
que les nouvelles monnaies soient gravées.
En 1863, le système décimal fût établit, l’unité monétaire sera des à présent le Peso aussi bien pour l’argent que pour l’or. La nouvelle monnaie fût fractionnée en 100 parties, appelées « Centavos » (centimes de Pesos). Le système de real, d’écussons et d’onces disparut avec le peso. Cette réforme permit d’améliorer le système hérité de la colonie, en rendant le système moins confus ceci permis en autre de faciliter le commerce extérieur, car beaucoup de pays utilisaient déjà ce système décimal.
La chute du prix international de l’argent à la fin du XIX, provoqua une violente dévaluation de la monnaie costaricienne. C’est pourquoi, en 1896 le gouvernement de Rafael Yglesias a instauré une nouvelle réforme monétaire qui prévoyait entre autre l’« étalon or ». Le Colón est devenu la nouvelle unité monétaire, divisée en 100 parties appelées « centimos » (centimes de colón).
L’appellation
de « colón », a pour origine les célébrations
du IV centenaire de la découverte de l’Amérique, qui furent
réalisées dans le monde entier en 1892. En 1897, les premières
monnaies en or furent émises d’une valeur de 20 colons.

La crise économique des années 80, la procédure accélérée de dévaluation du colón, la hausse des prix ont provoqués la disparition des monnaies à faible valeur, comme celles de un et deux colons ainsi que de cinq, dix, vingt-cinq et cinquante centimes. Ainsi, des matériaux moins chers et durables, comme l’acier et l’aluminium ont été utilisés. La taille des monnaies fût réduite. De plus des monnaies de cinq, dix et vingt colón ont été frappées pour pouvoir remplacer les billets de même valeur, qui se détérioraient trop vite. On appela ce nouveau type de monnaie « la nouvelle famille », elle commença à circuler en 1982. Le dernier frappage de monnaie a eu lieu en 1994.
En 1995 a eu lieu la première émission de monnaie correspondant à ce qu’on appelle « nouveau cône monétaire » Ce dernier est constitué de monnaie de couleur dorée, qui circulent toujours à l’heure actuelle.

En accord avec des lois spécifiques, depuis 1970 ont été frappées des monnaies commémoratives, en or, argent et nickel, retraçant les dates importantes Costaricienne. Ces dernières sont utilisées pour tous types de transaction bien qu’elles soient l’objet de bien des collections… Les thèmes évoqués sur ces monnaies sont par exemple, l’année international de l’enfant en 1979, les 25 et 50 ans de la Banque Centrale Costaricienne, le prix Nobel obtenu par Oscar Arias Sanchez en 1987, la faune et la flore, la fondation des villes ainsi que d’autres dates qui méritent d’être commémorées.
Crédit
photos et documents : Musée de l’Or de San José.
Musée de l’Or : son entrée est située
sur la Place de la Culture, au centre de San José.
Ouvert tous les jours de 9h30 à 17h. Entrée 6 USD.
Musée
National : il est situé Plaza de la Democratia, au centre de
San José. Ouvert tous les jours (sauf le lundi) de 8:30. a 16h30 en semaine,
le dimanche de 9h à 16h30. Entrée 4 USD.
Sites WEB
Musée de l’Or section numismatique
Musée
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Mise
à jour : juillet 2008 |
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