Les recettes
de cuisine d'Amérique centrale
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Recette du TAMAL "l'âme de la table"
(plat centre américain à la façon guatémaltèque)
Le Tamal, plat traditionnel
de Noël, existe depuis l'époque préhispanique. A l'origine
une boule de maïs salée, il s'est enrichi pour les fêtes
et les cérémonies de viande d'agouti ("Tepezcuintle")
ou de dindon, Aux XVe et XVIe siècles, le Tamal, de connotation rituelle,
ne se mangeait que dans les grandes occasions. C'était le plat de l'aristocratie,
c'est à dire des nobles, des guerriers et des prêtres. La plus
ancienne mention du Tamal figure dans un livre de recettes du XVIe siècle.
Avec la conquête, il devient un plat populaire, mais conserve sa tonalité
de fête. C'est par excellence le plat des dîners du samedi à
la maison et des fêtes de fin d'année dégusté en
famille après la messe de minuit. Les Espagnols introduisent de nouveaux
ingrédients : boeuf, porc, olives et câpres, l'alliance de mets
du nouveau monde et de l'ancien continent témoignant ainsi du métissage
culturel.
Il en existe de nombreuses variantes régionales : au centre du Guatemala
(Cakchiquel, Quiché et Métis), on mange le Tamal à la
viande. Dans la région de Quetzaltenango, le riz ou la pomme de terre
remplacent le maïs. Dans l'Est, le Tamal associe riz, maïs et une
herbe appelée "Loroco".
Le Tamal guatémaltèque parmi les variétés existantes
en Amérique Latine, est le plus sophistiqué, tant par le mode
de préparation de la "masa" (pâte de maïs), que
par les sauces élaborées dont elle est fourrée ou par
la façon d'envelopper la pâte dans la feuille intérieure
de bananier et dans la "feuille de sel" (en fait une autre feuille
de bananier) à l'extérieur. Ce paquet est ensuite noué
en croix.
La préparation des Tamals est si complexe quelle ne se fait que par
quantités importantes de deux ou trois cents. Le Guatemala est le seul
pays où la vente des Tamals est annoncée par une lumière
rouge à la porte de la maison où ils sont commercialisés,couleur
rappelant le rocou ("achiote"), épice utilisée pour
la sauce.
Recette
des "Tamals rouges" (pour 38 Tamals environ). Ingrédients
:
- 1 livre de maïs (maïzena ou polenta pour les besoins de la cause!)
- 1 livre de saindoux ou margarine - 1 livre de riz
- 1/2 livre de viande de porc ou poulet - 3 grands piments ("chile guaqe")
- 4 piments rouges
- 10 tomates - 1 cuillère de rocou - 1 tasse d'olives
- 1/2 cuillerée de sel - 30 feuilles de bananier plantain
- 30 feuilles de mashan (faux bananier sylvestre) - 1 poignée de "cibaque"
(ficelle pour l'occasion)
Préparer la sauce ainsi : cuire à la poêle tomates,
poivrons et piments, puis les passer à la moulinette et ajouter rocou
et sel. Pour préparer l'enveloppe placer une feuille de mashan puis
une feuille de bananier au-dessus. Verser 2 grandes cuillerées de pâte
de maïs. Dans un trou aménagé au milieu, mettre un petit
morceau de viande, la sauce et une olive. Refermer les feuilles sur la pâte
de façon à former un paquet rectangulaire et nouer un brin de
ficelle en croix pour maintenir l'ensemble (à défaut de feuilles
de bananier, l'utilisation de papier d'aluminium est évidemment plus
commode mais conduira à un résultat assez éloigné!).
Couvrez le fond d'une marmite ou d'une cocotte de feuilles de bananier, placez-y
les Tamals, puis une autre couche de feuilles. Couvrez d'eau bouillante aux
3/4 et ajouter une cuillerée de sel. Laissez cuire 3h en complétant
au fur et à mesure avec de l'eau bouillante.
Bon appétit !!!
Buen Provecho !!
Le
Gallo Pinto, l’un des plats nationaux du Costa Rica
Tiré et inspiré de “Nuestro legendario gallo pinto”,
rev. Proa, La Nación 29/04/07
Le “gallo
pinto”, qui pour 92% de la population costaricienne représente
l’essence même de l’alimentation locale a, semble-t-il,
plusieurs origines.
L’une d’entre elles tient plus de la légende urbaine :
on raconte que dans les années 30, un certain Bernabé voulut
préparer un festin digne de ce nom dans son village en l’honneur
du saint patron. Il fit courir le bruit qu’il allait pour cela tuer
son “gallo pinto” (un coq tacheté) qu’il élevait
amoureusement depuis plusieurs mois. Mais l’invitation fut donnée
à tant de gens qui accoururent que très vite, la nourriture
vint à manquer. Cependant, le cuisinier, désireux d’alimenter
tout son monde, imagina alors un mélange de haricots noirs et de riz.
Frustrés, les villageois commentèrent l’incident, se demandant
les uns les autres s’ils avaient gouté au fameux “gallo
pinto” de don Bernabé… et le nom est resté parce
que finalement, l’invention du mélange haricots et riz avait
bien plu.
Cependant, au-delà de la légende, il est un fait que le haricot
noir ou rouge, de même que le maïs et le pejibaye (petit fruit
d’un palmier) est d’origine américaine et a fait partie
de l’alimentation des autochtones bien avant l’arrivée
de Christophe Colomb dans les parages.
Le riz, apporté d’Afrique par les Maures en Espagne, vers le
8ème siècle faisait partie intégrante de l’alimentation
espagnole et les premiers colons installés sur les terres américaines
sentirent bien vite le manque de leur céréale, qu’ils
mangeaient, accompagnée de viande, de poissons et de légumes.
L’introduction du riz en Amérique centrale n’a cependant
pas été une mince affaire, car en effet cette céréale
requiert d’une abondante main d’œuvre et ne pousse que sur
certaines terres, planes et très humides. Mais afin de complaire aux
caprices des nouveaux colons venus d’Espagne, on assistait à
des manœuvres coercitives de certains gouverneurs, vers 1789, obligeant
à la culture de maïs, coton, banane plantain et riz, sous peine
d’amende ou de prison afin d’éviter famine et rationnement.
Ce n’est que dans la 2ème partie du XIXº siècle que
l’importation des grains tant sollicités a pu subvenir aux besoins
de la population sans cesse croissante.
Mais le fait de trouver ces deux ingrédients dans son assiette, non
plus en portions se côtoyant, mais bien mélangés est attesté
à partir de 1870 dans la région atlantique, au moment de l’arrivée
de nouvelles populations employées à la construction de la voie
ferrée : les Chinois, les Italiens et les Noirs. Ce sont ces derniers,
issus des anciens esclaves de Jamaïque, qui à travers leurs ancêtres
avaient importé d’Angola la tradition de mélanger pois
et riz. Les pois trouvèrent un parfait substitut dans les haricots
et cela donna le fameux « rice and beans » caraïbe, cuit
dans l’huile et le lait de coco.
Mais d’où viendrait alors ce nom de “gallo pinto”
? de « coq tacheté » ? le « gallo » est le
nom donné au plat composé de tortilla de maïs enveloppant
des crudités grossièrement hachées ou des morceaux de
viande et « pinto » est la couleur des meilleurs coqs de combat,
tachetés de noir et de blanc, rappelant cette préparation de
riz et de haricots noirs maintenant fort appréciée dans la Vallée
Centrale depuis les années 30. Aujourd’hui, elle est savoureusement
accompagnée de condiments tels que l’oignon, le poivron et la
coriandre fraîche, la tortilla de maïs n’étant jamais
loin non plus.
La cuisson des deux principaux ingrédients étant fort longue,
il vaut mieux en préparer de grandes quantités et comme tout
plat mijoté, sa saveur s’accentue au fil de la cuisson. Etant
ainsi toujours à portée de la main, le “gallo pinto”
est devenu très rapidement le plat idéal pour le petit déjeuner
qui se doit d’être consistant et abondant, accompagné d’une
bonne tasse de café fraîchement préparé.
Par Béatrice PASSOT mai 2007.
Fiche
nutritionnelle
Pour une portion de 100 gr
Apports énergétiques
Energie totale : 189 Kcal
Energie provenant des mat. Grasses : 85 Kcal
Composants
Matière grasse totale : 9,5 g
Matière grasse saturée : 2,3 g
Matière grasse trans : 0 g
Protides : 5,7 g
Fibre alimentaire :2 g
Cholestérol : 23 mg
Total carbohydrates : 22g
Minéraux
Sodium : 134 mg
Fer : 26 %
Vitamines
Vit. A : 0%
Vit. C : 0%