Costa
Rica
Communautés et ethnies indiennes
Les
indiens du Costa Rica : les huit ethnies Bribrís - Cabécares - Guaymíes - Guatusos (ou Malekus) - Borucas (ou Bruncas) – Térrabas (ou Teribes) - Huetares - Chorotegas. |
| D’après
le dernier recensement qui date de 2000, il y aurait un peu moins de 64
000 indigènes au Costa Rica, soit 1,7% de la population totale, répartis
sur 24 territoires. Cette minorité, exclue du développement
économique, des services sociaux et de la protection légale,
fait partie du segment le plus pauvre et le plus marginalisé de la
société costaricienne. Afin de préserver leur identité
culturelle, les tribus indiennes doivent lutter contre la discrimination,
l’acculturation et les politiques d’assimilation. Une des menaces
imminentes qui pèse sur les populations indigènes est la perte
des terres et des ressources naturelles que les agriculteurs non indigènes,
les compagnies minières, pétrolières et hydroélectriques
conquièrent petit à petit. On dénombre 8 tribus indiennes qui descendent des Mayas et d'indigènes d'Amazonie ; et l’on distingue les ethnies d’origine mésoaméricaine des ethnies d’origine macrochibcha, qui viennent du nord de l’Amérique du Sud. En raison de leur isolement dans la forêt costaricienne difficilement pénétrable, les indigènes sont aujourd'hui très peu métissés et ont gardé leur authenticité. Les Huetares et les Chorotegas, d’origine mésoaméricaine, sont les plus acculturés, on les considère d’ailleurs comme des « paysans de tradition indigène ».
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Carte
du Costa Rica : localisation des territoires des 8 ethnies indiennes © Imagenes Tropicales - © Carte Véronique SUSTRAC |
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| L’origine des Indiens d’Amérique centrale Le terme « Indien », communément donné aux Indigènes d’Amérique Latine, est dû à l’erreur de Christophe Colomb qui, pensant avoir atteint les Indes lorsqu’il débarqua à Hispaniola en 1492, appela les indigènes « Indios ». La question est de savoir si ces Indiens américains, également appelés Amérindiens, furent les premiers habitants de l’Amérique s’est posée dès la découverte du Nouveau Monde et n’est pas encore tranchée. Ce qui est certain et reconnu par les chercheurs, c’est que des premiers groupes d’immigrants ont pénétré dans le Nouveau Monde il y a 40 000 ans en passant de la Sibérie vers l’Alaska. Reste à savoir si ces peuples étaient bien ce que le conquistador espagnol a nommé plus tard « Indiens »… Mais étant donné que ce continent n’a pas livré, jusqu’à ce jour, de traces humaines plus anciennes, il est admis que les Indiens furent les premiers à conquérir le continent. On dit que ces Indiens auraient franchi le détroit de Béring en plusieurs vagues, dont quelques-uns il y a 40 000 ans, d’autres ayant tardé jusqu’à l’époque du Christ à le traverser. Les premiers immigrants auraient été moins mongoloïdes que ceux venus par la suite ; c’est-à-dire qu’ils présentaient moins de ressemblances avec les Chinois, les Coréens, les Tongouses ou les Mongols du Nord de l’Asie, que ceux arrivés plus tard.
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| Caractéristiques
physiques Si les Indiens ont la réputation d’appartenir à une seule race, ils affichent néanmoins des différences physiques considérables. Alors que les premiers immigrants auraient été de ces non-mongoloïdes à la tête allongée, qui subsistent largement dans les régions limitrophes de l’escarpement occidental, la deuxième vague d’immigrants avait des traits physiques mongoloïdes plus marqués. Ceux-ci se sont alors différenciés suivant leur lieu de résidence : les Indiens installés dans les montagnes ont généralement la tête large et de dimension moyenne, les jambes courtes, le thorax large et la charpente trapue alors que les tribus établis dans les basses terres sont très différentes. On distingue deux types de population dans les basses terres : une population plutôt gracile, aux os petits, au nez large, telle que l’on peut le trouver chez les Huastèques de l’Etat de Veracruz, et une autre population, petite, au corps épais, à la tête extrêmement large, avec le nez grand et busqué, et avec la présence du pli oculaire mongoloïde.
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| Activités
des Indiens Depuis toujours les Indiens vivent de la chasse et de la pêche. A l’origine, ils se livraient également à la cueillette de plantes tubercules, de baies comestibles, de noix, de miel… A la chasse, ils traquaient le bison, le petit gibier et, jusqu’à son extinction il y a environ 7000 ans, le mammouth. Avec l’arrivée de l’agriculture, ils développèrent la culture en terrasse et les canaux d’irrigation. On y cultivait des avocats, différentes sortes de fève, le chili (sorte de piment), le coton et le tournesol. Quant au maïs, c’était déjà la plante alimentaire la plus cultivée, alors qu’elle était inconnue du reste du Monde. De nombreux produits que nous cultivons aujourd’hui auraient été découverts et cultivés pour la première fois par les Indiens d’Amérique Centrale : le cacao, le caoutchouc, le coton, le tabac, la courge, la calebasse, la pomme de terre, l’arachide, la fraise, l’artichaut, la tomate, la quinine…Vers 2500 avant J.-C., l’atatl (un bâton de jet), la flèche et l’arc, et le javelin (sorte de javelot) étaient devenus les instruments indispensables à la chasse.
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En 2000, on a estimé
entre 6 et 7 millions le nombre d’indigènes en Amérique
centrale. Dans ce recensement, sont également pris en compte
les ethnies afro caribéennes et les ladinos (personnes métissées
issues d’un parent espagnol et d’un parent indigène.
Définition).
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| Les
langues indigènes d’Amérique centrale
Il y aurait plus de 206 langues indigènes en Amérique centrale. Chaque communauté a sa propre langue et la plupart des langues sont inintelligibles les unes pour les autres. Par exemple, le maïs qui est un terme très utilisé dans cette région du Monde se dit centli en nahualt, uba en zapotèque, kosak en chontal, mok en zoque, xal en mam, nal en maya yucatèque. Souvent, les habitants de villages voisins ne peuvent communiquer les uns avec les autres qu’en apprenant un sabir, un troisième langage leur permettant de converser à travers la barrière de leurs langues maternelles. C’est la raison pour laquelle dans certaines parties de l’Amérique centrale, les gens pratiquent plusieurs langages sans parenté aucune entre eux. Par exemple, dans la zone du nord de l’état de Veracruz où se parle le huastèque, beaucoup d’Indiens parlent le huastèque à la maison, nahualt au marché, et espagnol quand ils ont besoin de communiquer avec des fonctionnaires ou des étrangers.
Uto-aztéque et Chibchaine Nahua et nahuatl Les
Indiens et l’espagnol
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Les
ethnies d’origine mésoaméricaine ou les nahuas (population
uto-aztèque qui parle la langue nahuatl)
1 - GUATUSOS (ou MALEKUS) *
Pejibaye : nom latin : Bactris gasipaes. Palmier qui
produit des fruits rouge orangé en grappe de la taille d’une
grosse noix. Certains le nomment « pêche de palmier »,
faute de mieux… On exploite surtout ce palmier pour son tronc, d’où
l’on extrait le cœur de palmier ou de palmiste, c'est-à-dire
le « palmito », au Costa Rica. |
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| 2
- CHOROTEGAS Cette ethnie relève du groupe linguistique oto-mangue. Localisation : - Province du Guanacaste, canton de Hojancha, réserve indigène de Matambú. - Province du Guanacaste, villages de San Vicente, Guaitil et Santa Barbara Identité culturelle : aujourd’hui, personne ne parle plus la langue indigène, seul l’espagnol est pratiqué. L’identité ethnique est tout de même maintenue, les coutumes et traditions sont aussi protégées, comme la production de céramique en terre cuite, figurines… Certains indiens de cette ethnie ont conservé les traits physiques propres à la communauté. Activités : agriculture : graines, cultures maraîchères, apiculture. |
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- HUETARES Une petite communauté d’indigènes Huetares a survécu jusqu’à nos jours. Localisation : - Province de San José, à mi-chemin entre le canton de Mora et celui de Puriscal, sur les hauteurs de la Réserve Indigène de Quitirrisí. - Province de San José, Canton de Puriscal, Zapatón - Région de Cerrito de Quepos et environs Identité culturelle : les caractéristiques physiques et l’identité culturelle ont été quelque peu perdues bien que certaines traditions, comme la Fiesta del Maíz (la Fête du Maïs, voir fiche infos les fêtes au Costa Rica) ou l’utilisation de plantes médicinales, aient été conservées. Aujourd’hui, les Huetares parlent l’espagnol. Activités : les terres de ces contrées indigènes sont pauvres et ne permettent pas de développer une agriculture riche et variée. Le maïs est l’un des seuls produits cultivés par les Huetares. Artisanat : à base de feuille de palmier, de fourrage, et de fibres végétales. Les Huetares sont les spécialistes des colorants végétaux pour la teinture des fibres. Céramique : les objets fabriqués sont vendus au bord des routes et lors des « ferias ». . |
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Beaucoup d’études sur le sujet considèrent que les Bribri et les Cabecares font partie de la même ethnie. Ils partagent la même croyance religieuse : Sibö, Dieu suprême et créateur de l'univers. Alors qu’une partie de la tribu Bribri occupe les territoires de basse altitude de la cordillère de Talamanca, les Cabécars sont isolés dans les montagnes de la cordillère. Ils subissent moins l'influence du progrès que leurs alliés Bribris et maintiennent un système complexe de clans. 4
- CABECARES |
Indienne
Cabecar et son enfant |
Village
indien Cabecar |
Famille
Cabecar |
5 - BIBRIS Localisation : - Pacifique Sud, province de Puntarenas : réserves indigènes de Salitre et Cabagra dans le canton de Buenos Aires. - Atlantique Sud, province de Limón : au nord de la réserve indigène de Talamanca, dans le canton du même nom. Identité culturelle : les Bribris ont conservé leur langue orale et utilisent l’alphabet latin et un certain nombre de caractère de phonétique internationale pour le transcrire à l’écrit. Activités : agriculture : cacao, banane, maïs, haricots et tubercules. Elevage de cochons. Chasse d’oiseaux. Pêche. Artisanat : vannerie et fabrication d’instruments musicaux avec des matières naturelles, tissages avec des fibres et des pigments naturels. Pour traverser le fleuve Sixaola, à la frontière du Panama, ils utilisent des canots et des radeaux.
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6 – TERRABAS (ou TERIBES) Aujourd’hui, les Térrabas sont très peu représentés. Localisation : canton de Buenos Aires, dans la Réserve de Boruca-Térraba. Identité culturelle : même si cette ethnie a su conserver son identité culturelle, la langue des indigènes Terrabas n’est plus parlée aujourd’hui. Activités : agriculture : maïs, haricots, riz, banane, agrumes. A noter que leur territoire est aujourd’hui peuplé de nombreux paysans non indigènes. |
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- BORUCAS (ou BRUNCAS) Les Borucas conservent et pratiquent leurs traditions ancestrales en les exprimant par des légendes, la danse, l’artisanat et d’autres arts. Ils sont particulièrement connus pour leur " Jeu des Petits Diables ", pratiqué pendant la grande fête de 3 jours et 3 nuits qu'ils organisent chaque année du 30 décembre au 1er janvier. Localisation : canton de Buenos Aires : la réserve indigène de Boruca est formée par différentes communautés (El Centro de Boruca, Rey Curré, Changuena, Maíz et Bijagual) Identité culturelle : ils ont gardé très peu de caractéristiques de l’ethnie. Le "Baile de los Diablitos"est une manifestation culturelle qui a lieu le 31 décembre Activités : agriculture : graines. Elevage de bétail. Artisanat : tissus confectionnés à base de coton, préparation de colorants végétaux, fabrication de masques multicolores en bois qui servent au " Jeu des Petits Diables A la rencontre de la culture Boruca.
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| 8
- GUAYMIES C’est la plus grande ethnie indienne du Costa Rica. Dans les années 60, les Guaymies, aussi appelés Ngöbegues émigrèrent du Panama pour venir au Costa Rica. Localisation : Pacifique Sud, province de Puntarenas : communautés de Abrojos dans le canton de Corredores, de Conteburica dans le canton de Golfito et celle de Coto Brus dans le canton du même nom. Identité culturelle : les caractéristiques et traits physiques des Guaymíes permettent de les reconnaître des autres peuples indigènes. Le port du costume traditionnel, très coloré et confectionné à la main par la communauté, est toujours d’actualité. Leur langue est le Guaymí, mais certains des chefs et dirigeants parlent également l’espagnol. Un programme d’alphabétisation a d’ailleurs été mis en place pour cette réserve indigène. Activités : agriculture : cacao, riz, haricots, maïs, huile de palme et banane. Chasse, pêche, élevage de cochons et d’oiseaux. Artisanat : fabrication de vêtements en fibre naturelle qu’ils colorent avec des teintes et colorants naturels, de nattes, de chapeaux fabriqués à base d’écorce d’arbre. |
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Répartition
géographique des peuples indigènes au Costa Rica (recensement
2000)
Sur les 63 876 Indiens du Costa Rica, un peu moins de la moitié vit en territoire indigène, environ un tiers vit en périphérie de ces territoires et 20 % sont dispersés dans le reste du pays. Les territoires indigènes, légalement connus sous l’appellation de « Réserves indigènes » couvrent une superficie de 327 825ha, soit 6.5 % du territoire costaricien. La région de Talamanca, peuplée par les tribus Bribri et Cabecar a été pionnière dans la résistance contre les Espagnols durant la conquête de l’Amérique. Ses habitants organisaient des révoltes et des rebellions afin d’expulser ou d’intimider les envahisseurs. Les territoires indigènes du Costa Rica et leur population
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| Les
problèmes fondamentaux qui affectent les peuples indigènes
La perte progressive des territoires est le problème majeur rencontré par les peuples indigènes. Mais il est également la source d’autres difficultés telles que la création de systèmes éducatifs, de schémas idéo- politiques… Finalement, tout ce qui est lié à l’identité culturelle de ces peuples est touché. Aujourd’hui, les indigènes souffrent de problèmes de toute sorte, qui affectent directement leur conception du monde. Leurs pratiques traditionnelles continuent à être déplorées, voire persécutées, comme c’est le cas pour la médecine traditionnelle, les croyances religieuses autochtones et les coutumes sociales. La tolérance des représentants de la société dominante (autorités administratives, judiciaires…) envers les peuples indigènes varie d’un territoire à l’autre. Les représentants qui intègrent les peuples indigènes sont très peu nombreux. |
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La
loi indigène de 1977 et son application…
Sur le thème de la terre Sur le thème des ressources
naturelles Sur le thème de la participation
à la prise de décision
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Glossaire
Indigène :
au sens large, ce terme s’applique à une population originaire
du territoire qu’il habite. Au sens plus restreint et plus courant,
on appelle indigène une personne faisant partie d’une ethnie
qui préserve les cultures traditionnelles non européennes.
Au sens encore plus restreint, le terme s’applique aux indigènes
américains, également appelés « Amérindiens
» ou encore Mestizo
: terme très couramment utilisé en Amérique
Latine pour désigner une personne issue d’un métissage
européen et amérindien. |
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Les
sites Internet
« Segundo informe sobre desarrollo en centroamérica
y Panamá »
: Lien Survival International : Lien Fundación para el Centro Nacional de la
Ciencia y la Tecnología, CIENTEC : Lien Centro para el Desarrollo Indígena
: Lien Museos de Costa Rica : Lien « Les visages cachés du Costa Rica
» : Lien « Reservas Indígenas »
: Lien « El territorio histórico Maleku
de Costa Rica
» par Roberto Castillo Vásquez
: Lien
«
EL DINAMÁ ATERRORIZA A LOS INDÍGENAS
CABÉCAR »
: Lien Fundación DÚRIKA : Lien «
Proyecto de un nuevo Estatuto Indígena
para Costa Rica : Experiencias y Desafíos
» par Joel Mora Maroto
et Oscar Almengor Fernández : Lien Projet
de loi sur le développement autonome des peuples indigènes
du 23 mai 2001 : Lien |
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Bibliographie
Amérique centrale Les Indiens, la guerre et la paix : Survival International, ethnies droits de l’homme et peuples autochtones, été-automne 1986 Peuples et Civilisations de l’Amérique centrale : par E. WOLF, Professeur à l’Université de Chicago, Payot Paris, 1965 Peuples et coutumes en voie de disparition : par H. Strabbing, Editions Famot-Genève, 1979.
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